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    ANTIGONE


    On ne peut aborder l'tude d'Antigone de Sophocle sans voquer le talent inou du prince des dramaturges qu'est Sophocle. Car enfin quelle science du comportement humain, quelle virtuosit rthorique quelle sensibilit esthtique ! Il n'est pas un mot dans le bouche des hros de Sophocle qui ne nous touche.
    Antigone plus encore que toutes autres pices manifeste l'tendue de l'admirable art de Sophocle, pice dont les rsonnances modernes nous sont encore perceptibles en ce dbut de troisime millnaire.

    Pour bien aborder l'tude de cette oeuvre, il est hautement prfrable de bien connatre l'histoire des Labdacides. Je pourrais videmment conseiller de se reporter un dictionnaire de mythologie, mais il m'apparat minemment plus profitable pour les lves d'aller chercher aux sources elles-mmes l'origine du mythe.
    C'est donc vers les auteurs tragiques grecs commencer par Sophocle lui-mme que je me suis tourn :

    Lectures prliminaires :

    Auteurs grecs :
    Oedipe-roi de Sophocle
    Oedipe Colonne de Sophocle
    Les Sept contre Thbes d'Eschyle
    Les Phniciennes d'Euripide

    Je conseillerai aussi aux lves de lire certaines des reprises modernes qui ont t faites de la lgende des Labdacides.
    Reprises par des auteurs modernes :
    La Thbade de Jean Racine
    Antigone d'Hölderlin
    Antigone d'Anouilh

    Je me suis appuy sur plusieurs auteurs d'analyses pour concevoir cette bauche de cours, aussi dois-je leur rendre justice en les citant et en recommandant la lecture de leurs ouvrages.
    Bibliographie :
    Esthtique III de Hegel
    Potique d'Aristote
    Remarques sur Antigone de Hölderlin
    Sophocle de Jacques Lacarrire
    D'Antigone Socrate d'Andr Bonnard.
    La naissance de la tragdie de Friedich Nietzsche.
    Le crpuscule des idoles de Friedich Nietzsche
    Antigone de Sophocle (dition avec dossier) collection GF par Charles Guittard et Robert Pignarre
    Je dois aussi prciser que la conception du cours a fait l'objet de dbat sur le forum fr.lettres.langues-anciennes.grec.

    Plan d'tude du cours :

    Lecture d'Oedipe-Roi et questionnaire (chaque question devra faire l'objet d'une rponse dtaille qui excdera 10 lignes ) :

    1.Quel flau touche Thbes ? Pourquoi ?
    2.Dressez le tableau de la famille d'Oedipe travers la pice en prcisant la nature des liens.
    3.Avec quel devin Oedipe rentre-t-il en conflit ? Que s'en ensuit-il ?
    4.A la lecture de l'oeuvre, que pouvez-vous dire sur le thme de la vision ? Pourquoi ?
    5.Qu'apprenez-vous d'Antigone dans l'oeuvre, que pouvez-vous dire de son attitude ? Que reprsente-t-elle pour Oedipe ?

    Lecture d'Oedipe Colone et questionnaire dans les mmes conditions que prcdemment :

    1.Quelle fonction remplit Antigone auprs d'Oedipe dans le prologue ? Que pouvez-vous dire des sentiments qu'elle prouve pour son pre (appuyez-vous sur tout le texte de l'oeuvre) ?
    2. Qu'Oedipe et Ismne nous apprennent-ils sur les fils d'Oedipe ? Comment ce dernier les juge-t-il ?
    3.Quels sont les arguments de Cron pour convaincre Oedipe de revenir Thbes ? Dressez en une liste en les distinguant selon leur nature.
    4.Qui est Thse ? Comment accueille-t-il Oedipe ?
    5. Quel est le but d'Antigone aprs la mort de son pre ?

    Lecture des Sept contre Thbes d'Eschyle et questionnaire :

    1.Qui est Cadmos ?
    2.Rsumez le discours Amphiaraos : en quoi vous semble-t-il diffrer des autres assaillants ? Que pense Etocle de lui ? 3. Quel vous semble tre le hros principal de cette pice et en quoi vous semble-t-il particulirement hroque ?
    4.Comment le coryphe ragit la perspective d'un conflit arm entre Etocle et Polynice ?
    5.Etudiez le personnage d'Antigone : en quoi vous semble-t-il annonciateur de l'Antigone de Sophocle ?

    Plan d'tude de l'oeuvre :

    Etude du prologue
    I] une scne d'exposition toute en contrastes
    - opposition de caractres (Ismne-Antigone)
    - opposition de statuts (isolement d'Antigone, puissance de Cron)
    II] La souillure au coeur de l'action dramatique
    - cadavre de Polynice pourrissant
    - rappel de la guerre civile
    Etude de l'Episode II
    I] Un agn sans concession
    - tude de l'argumentation d'Antigone
    - tude de l'argumentation de Cron
    - la force de la transgression
    II] Deux folies intransigeantes
    - haine de Cron pour un cadavre
    - Antigone jusqu' la mort pour un principe
    - commentaire du philosophe Hegel (droit de la cit et droit familial)
    III] L'instant tragique - Des hros seuls dans une cit dserte des dieux, analyse nietzschenne, le surhomme.
    - Deux ordres pour un seul droit (ordre civique, ordre familial)
    - Relecture hölderlinienne de la Potique d'Aristote (tat natif du hros/tat culturel) la tragdie consiste en ce que la culture accomplit l'tat naturel, natif du hros.
    Etude de l'Episode III
    I] Discours de Cron
    - la voix de la rhtorique
    raisonnements inductif et dductif, dialectique ascendante et descendante.
    II] Discours d'Hmon
    - la voix de la raison, la voix de la cit
    III] Au nom de l'amour...
    Un scandale.
    Etude de l'Episode V
    I] Puissances d'En-haut, puissances d'En-bas.
    - rituels de divinations en Grce antique (Analyse du premier discours de Tirsias)
    - le don de Tirsias
    II] Le sacrilge de Cron. (analyse du second discours de Tirsias)
    - signes infernaux.

    Etude des stasima I, III et V.


    PROLOGUE

    Rsum : l'ore de l'Aube, Antigone demande Ismne de l'aider ensevelir Polynice, en dpit de l'interdiction du roi Cron.

    I]Une scne d'exposition toute en contrastes
    - Opposition entre deux caractres fminins, Ismne et Antigone Le caractre intraitable d'Antigone se manifeste d'emble :"laisse moi courir mon risque, moi et ma folie" dit Antigone sa sur Ismne ds les premires rpliques."sache alors qu'en dpit de ta folie tu restes chre ceux qui t'aiment" lui rpond Ismne.
    Antigone accomplit un acte inutile mais ncessaire : inutile parce qu'il ne peut plus empcher la souillure de la cit, ncessaire parce qu'il peut de ce fait se situer sur le plan du principe et non de l'utilitarisme.
    - Opposition entre les puissants et les humilis :
    D'un ct Antigone, fille d'oedipe sur laquelle pse la lourde hrdit des Labdacides, jeune fille, dmunie et sans force - mme sa sur Ismne lui refuse son concours - de l'autre un roi puissant, nouveau seigneur d'une cit en armes, puisqu'elle ressort d'une guerre victorieuse, Cron qui use selon son bon vouloir des lois de la cit dont il est d'ailleursla manifestation politique.
    II] La souillure au cur de l'action dramatique
    Le spectateur apprend avant mme le chur l'origine de l'action dramatique :
    Un soldat mort dont le cadavre pourrit hors de Thbes.
    L'vocation de la pourriture est saisissante dans l'Episode I, telle que la rapporte le garde Cron, puisque ce dernier en est incommod. L'action qu'il rapporte se situe ncessairement entre le prologue et le 1er pisode, peut-tre mme au mme moment que le prologue. Il s'y rattache donc bien des gards et donne surtout de la force la dcision pralable d'Antigone, puisque la jeune fille, elle s'est approche du cadavre qui incommodait les gardes.


    EPISODE II

    Etude des αγῶνες

    I] Un agn sans concession.
    Cron et Antigone argumentent sans consession et pied pied :
    Argumentation d'Antigone :
    - liens du sang (Polynice est son frre )
    - aguments religieux (devoirs qui doivent tre rendus un mort, Hads )
    - la morale ne s'applique qu'aux vivants.
    - - l'amour est universel "je suis faite pour partager l'amour et non la haine".

    Argumentation de Cron
    - aux liens du sang, Cron rpond par les liens du sang : Etocle dont le sang rclame vengeance est aussi le frre d'Antigone.
    - Il n'est pas bon de se dmarquer de l'attitude commune
    - Le justice doit tre rendue : il ne convient pas, mme dans la mort de mettre sur un mme plan le criminel et le juste.
    - - la vengeance doit se poursuivre jusque dans la mort.
    Cron procde constamment par paralllismes et comparaisons.

    Il ne suffit pas Cron qu'Antigone reconnaisse son crime, il veut aussi qu'elle reconnaisse ses torts. En dfinitive, c'est Antigone elle-mme qu'il s'en prend, quittant le champ de la responsabilit des deux frres.
    De fait la stychomythie ne fait que prciser les positions respectives.
    Antigone a fait son choix depuis longtemps :
    Celui de partager l'amour et non la haine, ainsi qu'elle le dit elle-mme : sa vie est finie, puisqu'elle l'a consacre aux morts, et ce n'est pas Cron qui la contredira puisque dans une impitoyable ellipse il dclare propos du mariage d'Hmon et d'Antigone :
    "Hads lui-mme va *****ncer la rupture"
    Antigone est emmene d'o le stasimn sur les malheurs des Labacides.
    Le 2nd agn qui suit est bien ple (Cron contre Ismne) en regard du premier.
    Pour mmoire, une stychomythie est un passage o les protagonistes se rpondent vers vers.
    L'interdiction d'enterrer Polynice est raffirme une seconde fois=> contraste entre entre l'ordre et sa transgression.
    La transgression est trs forte et les puissances infernales ne peuvent se satisafaire de l'acte d'Antigone, simple jeune fille, ft-il fait deux fois. Les conditions presque surnaturelles dans lesquels se droule le rituel d'ensevelissement, au milieu d'une tempte inexplicable offre toutes les caractristiques d'un prodige.
    Cron devra lui-mme accomplir le rituel pour calmer ces puissances.

    II]La folie de l'oncle et de sa nice.

    Cron et Antigone essaient toute force d'engager les dieux dans leur bras de fer. Chacun donne ses principes ( droit du γένος qui exige d'accomplir le rituel funbre afin de garantir la cohsion de la famille dans ses relations avec les dieux contre droit de la πολίς ( qui exige que les dcisions de l'autorit politique soit respectes afin de garantir la cohsion civique ) une valeur absolue bien au-del de la destine immdiate de Thbes.
    Cron :"malheureuse fille d'oedipe est-ce bien toi Antigone, est-ce toi qui t'es rebelle contre les ordres de Cron ? Est-ce vraiment toi qu'on a surprise en pleine crise de folie ?
    Et Antigone de rpondre :"Subir la mort, pour moi n'a rien d'intolrable. L'intolrable c'est de laisser pourrir sans tombeau le corps de mon propre frre, oui, c'est cela pour moi, l'intolrable. Mais maintenant ma conscience est en paix. Tu penses que je suis folle, mais le vrai fou, en vrit, c'est celui qui me traite de folle."
    L'acharnement avec lequel chacun agit, Antigone jusqu' la mort, Cron jusqu' la haine dessine une seconde tragdie par de la premire, celle d'un roi fou contre une jeune fille folle.
    Le philosophe Hegel crit dans l'Esthtique III, 3 : "tous deux enferment en eux-mmes ce contre quoi ils s'lvent chacun tour tour et sont briss par cela mme qui appartient au cercle de leur propre existence".
    En agissant ainsi, chacun sa manire accomplit l'acte d'hybris contre lequel le chur noncera une mise en garde pourtant dans le stasimon qui suivra.

    III] L'instant tragique .
    1) "seuls parmi les dieux"
    Rcit du garde qui voque la dcomposition du corps puis le tourbillon.
    En dpit de cette manifestation, les dieux ne paraissent plus que l'image d'un verdict impersonnel, d'un mcanisme inluctable contre lequel Antigone et Cron se savent galement dmunis. Privs de l'attention particulire de dieux, les hros se retrouvent seuls dans une cit dserte par les dieux, sans oracle ni signes divins, ou chacun doit dcider seul pour soi et sa cit.
    Face ce silence des dieux, ce sont les formes rationnelles du tragique ( rhtorique, dialectique, justification) qui permettent aux hros de se rsoudre cette mort des divinits. On songe alors aux surhomme nietzschen qui dcide de prendre en charge seul sa destine en dictant des lois nouvelles.
    2) deux ordres pour un seul droit
    Antigone et Cron incarnent deux ordres, l'un naturel, l'autre positif qui s'afrrontent mais ne vont pas l'un sans l'autre. L'pisode II tout entier illustre cette dialectique sur laquelle la pice est fonde. Le tragique repose sur la mconnaissance de l'odre oppos, droit de la communaut ou de l'tat contre droit de l'individu ou de la famille, par les deux protagonistes. Ils sont donc victimes de leur refus d'accepter les lois divines et humaines qui s'imposent tout individu. Cron est ferm des dieux dont le fonction premire ne serait pas d'assurer la stabilit de l'Etat. L'ordre qu'il nous propose est celui d'un Etat auquel serait assujetti tous les vivants.
    Face cette morale toute politique, Antigone oppose une thique inscrite au coeur de la conscience, sans lois crites qui apparat commeun donne absolue. La disctinction entre bien et mal telle que le conoit l'ordre politique doit s'effacer devant cette thique. En mourrant, Antigone tmoigne que cette thique est suprieure la vie.
    3) Une ligne rouge dans le brouillard.
    Cron et Antigone sont tous deux d'ascendance divine : suivre Hölderlin dans sa relecture de la Potique aristotlicienne, on peut voir dans ce fait l'tat natif de ces deux personnages : de ce fait, dicter des lois, privilge divin est l'manation de leur nature. Mais ces dictions vont contre les lois divines existantes (lois de la cit=Cadmos=Zeus, contre le devoir rendus aux morts). L'tat natif des deux hros ne peut occulter leur double nature fondamentale qui est d'tre aussi pour partie des mortels. L'hybris est donc invitable, car dicter ces lois nouvelles c'est heurter de front les dieux et rentrer en conflit avec eux. De surcrot, c'est leur propre insu que les hros accomplissent cet acte mus par la partie de leur essence qui est divine. Il existe une ligne rouge, dans un brouillard pais qui spare le monde des hommes et des dieux que le mortel ne peut franchir impunment : c'est pourtant ce que font Cron et Antigone, sans le raliser aveugls par leur nature humaine. A plus d'un gard, les dcisions de l'un et de l'autre sont des anticipations du jugement divin.
    Anisi va la condition tragique de ces deux hros cartels entre leur deux natures qui ne sont leur place ni dans le monde des hommes, ni dans le monde des dieux. Aristote crit dans la Potique : ἡ τέχνη μιμεῖται τὴν φύσιν , l'art imite la nature, mais un peu plus moin il prcise τά μὲν ἐπιτελεῖ ἅ ἡ φύσις ἀδυνατεῖ ἀπεργάσασθαι, τὰ δὲ μιμεῖται."d'un ct l'art mne son terme ce que la nature est incapable d'uvrer, de l'autre il l'imite". On peut relire tout comme Hlderlin cette rflexion d'Aristote et l'appliquer au tragique chez Sophocle, pour constater que l'essence tragique de la tragdie sophoclenne, c'est de mener le hros au terme de son tat natif, par un effort de culture, c'est dire d'imagination. Ainsi toute la tragdie sophcolenne serait sous-tendue par une dialectique secrte entre culture et nature.


    EPISODE III

    Cron contre Hmon 3me pisode

    αγῶν trs quilibr entre Hmon et Cron. Loi morale fonde sur obissance contre amour ( d'o le stasimon qui suit )

    Etude des deux thses.
    Hmon domine Cron dans cet agn : pluisuers arguments demeurent sans rponse.
    Cron aggrave ses torts en revandiquant un pouvoir personnel et non le bien de la cit. Antigone lui avait dj fait une remarque ce sujet dans l'pisode II.
    Il ne sait pas couter en Hmon la fois la voix de la cit et celle de la raison. Plus tard, il se rsoudra, mais trop tard couter la voix des dieux, par la bouche de Tirsias.
    Cron : "Une cit n'appartiendrait pas son chef ?"
    Hmon: "si condition de rgner seul dans un dsert"
    I] Discours de Cron
    - Devoir du fils envers le pre
    - L'amour n'est qu'un plaisir (ngation de la valeur intrinsque de l'amour)
    - A fortiori un mauvais amour prouv de surcrot pour une mchante femme (il est intressant de constater la progression de Cron qui va du gnral au particulier => amour=>plaisir=>mauvais amour=>mchante femme).
    - Devoir du roi envers le peuple, paix civile. L'argument pourrait se tenir puisque Thbes sort d'une guerre civile. Suit un dveloppement sur les devoirs d'un bon citoyen et la nature de l'anarchie. Cron cette fois progresse du particulier au gnral : aprs avoir prsent Anitogne comme une rebelle, il expose l'anti-Antigone, c'est dire le bon citoyen, puis les consquences des actes de rebellion, c'est dire l'anarchie. Ainsi se trouve assur l'quation Antigone = anarchie.
    Le raisonnement est remarquable bien construit, au point d'ailleurs qu'il emporte l'assentiment du coryphe dans un premier temps.

    II]Discours de Hmon :
    Hmon associe fort subtilement la raison et les dieux. En procdant ainsi, il s'assure que parler par la voix de la raison c'est parler au nom des dieux.
    Hmon a bien compris la nature parfois paranoaque du discours de Cron qui voit des ennemis partout. Aussi entoure-t-il son discours de prcautions oratoires : " je ne saurais affirmer que tu as tort". Non moins habilement, il prsente son discours comme rapport, c'est dire ce qu'il a entendu dans les rues de Thbes. Il se pose ainsi en reprsentant du peuple, par un curieux retournement, alors mme que Cron a dj fait valoir qu'il agissait au nom du peuple : n'a-t-il pas dit "l'lu d'un peuple doit tre cout en toutes choses".
    Hmon va donc plaider pour Antigone au nom de la ville.
    Dans la suite de son discours, il renvoie Cron l'argument familial en l'invoquant son tour pour faire valoir, dissipant ainsi les craintes de Cron que le fils dsire le bonheur du pre.
    Il peut alors engager sa critique en montrant Cron que sa prtention croire tenir seul la vrit le mne l'isolement.
    Pour affermir son raisonnement, il le ponctue de deux mtaphores fortes, celles de l'arbre et du roseau, toujours clbres, et un topos, qui est celle du pilote du navire pour dsigner une cit et son roi. III] Au nom de l'amour...
    Jusque l nous sommes dans une opposition politico-philosophico-religieuse entre Antigone et Cron, entre Cron et Hmon. Et voil le scandale :
    Hmon, qui Cron a promis Antigone (un peu pour asseoir sa lgitimit) est AMOUREUX d'Antigone - quoi Cron rpond (assez platement sinon vulgairement, disons-le) : "Il est d'autres champs labourer". Mais Hmon aime Antigone, et c'est pour cela qu'il ira se pendre dans la grotte o on a enferm celle-ci. La femme, pour Cron, n'est qu'un instrument fonder une lgitimit; Hmon se scandalise de l'attitude de son pre.
    Et pourtant Hmon rougirait de plaider pour sa fiance et plus encore pour lui-mme. Hmon est pris de justice et ne plaide en dfinitive que pour cette dernire et son pre. L'honneur lui ordonne de matriser sa passion, de ne parler qu'au nom de la raison.
    Ce n'est que son explosion dans les dernires rpliques qui manifestent la fois son sens de l'honneur et son amour pour Antigone.
    Et la rage de Cron ne nous dit pas seulement quel point l'individu est born mais nous rvle aussi l'attachement du pre pour le fils...
    Assez moderne comme conception, non ? En tout cas, nettement diffrent de l'attitude d'Eschyle, en gnral, et plus proche (annonciateur ?) de celle d'Euripide.
    On comprend mieux alors le στασιμον qui suit, ode Ερως et au pouvoir de l'amour.


    .









  • #2
    EPISODE V

    La prdiction de Tirsias

    Les dieux taient jusqu' alors demeurs silencieux. Les avertissements de Tirsias sonnent leur rveil.

    I] Puissances d'En-haut, puissances d'En-bas.
    On distingue deux types de rites lors du sacrifice d'un animal : soit le sang de l'animal est orient vers le ciel et dans ces conditions il s'agit d'un sacrifice de type ouranien (ouranos= le ciel) : on mange alors les abats dans l'allgresse, soit il s'agit d'un sacrifice de type chtonien qui se pratique au-dessus d'une fosse o le sang coule directement dans la terre ; les chairs sont entirement brles en holocauste. Les rites chtoniens s'adressent aux divinits infernales, et accompagnent certains sacrifices expiatoires.
    A mon sens on peut ainsi analyser les propos de Tirsias. La flamme ne s'lve pas au-dessus de l'autel, donc le sacrifice n'est pas ouranien ; cela signifie que les divinits infernales rclament mme leur tribut puisque la graisse des cuisses fond sur le sol en crpitant et fumant. encore que l'on pourrait aussi interprter ce crpitement comme un refus, ce qui signifierait que ni les dieux d'en-haut, ni les dieux d'en-bas ne rpondent plus !). On peut comparer au chant I de l'Illiade o le sacrifice est ouranien. Nous sommes face un rite chtonien, puisque ce sont les divinits infernales qui sont offenses. En outre, le caractre expiatoire du sacrifice est sous-jacent, en raison de l'attitude de Cron.
    Quand la fume se rabat, que la graisse coule et crpite est ce qu'on pourrait appeler un "sacrifice-test" , que Tirsias fait offrir pour *savoir* quel est l'avis des dieux. Ce sacrifice est rejet, parce que la famille d'Antigone, son oncle Cron et Thbes tout entire sont souills par la prsence d'un cadavre non-enseveli.
    Antigone essaie de rpandre un peu de poussire sur le corps : le rite a pour but de laver la souillure provoque par la prsence du cadavre nu). On pourrait rapprocher -entre autres- deux passages de l'Iliade (chant VI) :

    - Andromaque voque la mort de son pre, tu par Achille :
    ... κατὰ δ᾽ ἔκτανεν Ἠετίονα
    οὐδέ μιν ἐξενάριξε, σεβάσσατο γὰρ τό γε θυμῷ
    ἀλλ᾽ ἄρα μιν κατέτηκε σὺν ἔντεσι δαιδαλέοισιν
    ἠδ᾽ ἐπὶ σῆμ᾽ ἔχεεν (vv. 416 - 419)
    - Hector voque la possibilit de sa mort
    Ἀλλά με τεθνηῶτα χυτὴ κατὰ γαῖα κάλυπτοι (v. 464)
    Mais quand je serai mort, une terre rpandue me recouvrira.

    ainsi que bien d'autres sacrifices refuss (y compris Can et Abel ..) par les dieux.

    II] Le sacrilge de Cron.
    Contre les dieux d'En-bas
    Il n'est pas innocent, dans une pice o l'hrone a affirm ne plus vivre parmi les vivants ds l'pisode II, et o comme le souligne fort bien Tirsias, on enterre une vivante tandis que l'on refuse d'enterrer un mort... La coupe est pleine, et Cron qui aprs avoir refus d'couter Hmon au 3me pisode a cette fois-ci refus d'couter Tirsias, semble ne toujours pas comprendre qu'il offense toujours plus les dieux.
    En effet, non seulement il ne respecte pas les dieux infernaux, mais en plus il n'coute pas la voix des dieux en n'coutant pas la voix de Tirsias. Hmon ne lui avait-il pourtant pas dit que c'tait les dieux qui avaient dot les humains de raison et qu'en consquence couter la raison c'tait couter les dieux ? Le basculement semble avoir lieu entre les deux tirades de Tirsias, comme si la parole de ce dernier avait une valeur incantatoire.
    Cron aurait peut-tre pu se sauver en coutant Tirsias, celui-ci ne lui a-t-il pas dit "celui-l cesse d'tre un insens ou un malheureux, qui tomb dans le mal s'en gurit". Il restait donc un espoir, mais Cron ne le saisit pas. Les paroles de Tirsias le condame alors comme une sentence. Tirsias utilise des futurs de l'indicatif.
    Il y a de quoi effectivement fcher trs trs fort les dieux d'En-bas, et ce n'est sans doute pas une vaine menace que Tirsias voque la venue prochaine des Erinyes, comme si Cron avait pour le compte pass les bornes.
    Le cadavre de Polynice est livr aux btes sauvages, de sorte que toutes viennent s'en repatre.
    ἐχθραὶ δὲ πα̂σαι συνταράσσονται*πόλεις*,
    ὅσων** σπαράγματ' ἢ κύνες καθήγνισαν**
    ἢ θη̂ρες ἤ τις πτηνὸς οἰωνός, φέρων
    ἀνόσιον ὀσμὴν ἑστιου̂χον* ἐς πόλιν*. Et toutes les cits ennemies se soulveront,
    elles qu' ont souilles de lambeaux, ou les chiens,
    ou les btes sauvages ou quelqu'oiseau qui vole,
    portant l'odeur impie vers la cit qui possde un autel.

    Cela signifie que :
    1) que toutes les btes susceptibles de se dplacer loin, d'o la prcision πτηνὸς pour l'oiseau, qui vole, donc pas les dindons, les poules etc...etc....ont pu rpartir les lambeaux du corps de Polynice : or le raisonnement est simple ; il est sacrilge de ne pas rendre les honneurs funbres un mort. Ne pas le faire amne la maldiction sur le territoire o le corps gt sans honneur. Si les animaux parpillent les lambeaux du corps ils agrandissent l'tendue du territoire o repose ce coprs toujours non consacr. Ainsi le sacrilge s'tend et se propage en superficie.
    La comparaison que l'on pourrait faire serait plutt avec la peste qui se propage exactement de la mme manire, avec des corps qui se dcompose et avec des btes sauvages. Or l'on sait que la peste, l'pidmie de manire plus gnrale est une punition des dieux...
    2)A la rigueur ce que pourraient symboliser ces animaux, c'est la force primale, instinctive, mais pas autre chose. Il est clair que ce ne sont pas les animaux domestiques qui portent la puanteur.
    3) Comme il est dit dans le texte, c'est la ville qui possde un autel qui est souille : et cette prcision n'est pas innocente. Cela signifie clairement que tous les lieux privilgis de contact avec les dieux sont touchs, donc que le contact est rompu.

    POUR LES HELLENISTES

    Etude du στασιμον ΙΙΙ : Hymne Ers

    Strophe
    ̓́Ερως ἀνίκατε μάχαν, ̓́Ερως, ὃς ἐν κτήμασι πίπτεις,
    ὃς ἐν μαλακαι̂ς παρειαι̂ς νεάνιδος ἐννυχεύεις,
    φοιτᾳ̂ς δ' ὑπερπόντιος+ ἔν τ' ἀγρονόμοις αὐλαι̂ς+:
    καί σ' οὔτ'+ ἀθανάτων+ φύξιμος1 οὐδεὶς
    οὔθ' ἁμερίων σέ γ' ἀνθρώπων. ὁ δ' ἔχων μέμηνεν.

    Traduire le texte.
    Voir l'accusatif de relation.
    Ers, invincible dans le combat, Ers, toi qui te prcipites sur le btail,
    toi qui dors contre les fraches joues de la jeune fille,
    toi qui erres au-dessus des vagues et dans les demeures agraires,
    Nul parmi les immortels ne peut t'viter,
    Nul non plus assurment parmi humains phmres.
    Il est saisi de folie, celui qui te possde.

    1 φύξιμος signifie la fois "que l'on voudrait viter" et la fois "que l'on peut viter".
    Cela a une importance, car faut-il traduire par :
    "Nul...ne voudrait t'viter" ou "Nul...ne pourrait t'viter" ? J'ai tout de mme le sentiment que c'est plutt "voudrait", cause de ὁ δ' ἔχων :
    Dire que Ers est un bien que l'on peut possder le diffrencie mon sens d'une fatalit que l'on ne peut viter. La valeur du suffixe ιμος se peroit mieux par le rapprochement suivant :
    - χρήσιμος = χρή (user de) + σι(ς) = usage +μος (adj. : utile
    - φύξιμος = φύγ-/φεύγ- (fuir) + σι(ς) = fuite + μος (adj. : **fuyable**
    [Attention forme inusite !!!!! ] --> que l'on peut fuir, qui l'on peut chapper
    D'un autre ct, sachant que φύξις sur lequel est construit l'adjectif signifie "action d'chapper ", c'est plutt un argument pour traduire par "que l'on ne peut viter". Autre argument en faveur de cette hypothse, Ers est prsent comme un vainqueur irrsistible. L'accent est donc mis sur le combat, et si l'accent est mis sur le combat, c'est quelqu'un qui l'on chercherait chapper donc qui l'on ne peut chapper, en reprenant le texte.
    Antistrophe
    σὺ καὶ δικαίων ἀδίκους φρένας παρασπᾳ̂ς ἐπὶ λώβᾳ+,
    σὺ καὶ τόδε νει̂κος ἀνδρω̂ν+ ξύναιμον+++ ἔχεις ταράξας:
    νικᾳ̂ δ' ἐναργὴς βλεφάρων ἵμερος εὐλέκτρου
    νύμφας, τω̂ν μεγάλων πάρεδρος ἐν ἀρχαι̂ς
    θεσμω̂ν. ἄμαχος γὰρ ἐμπαίζει θεὸς, ̓Αφροδίτα.

    Toi aussi tu dtourne les coeurs fautifs des convenances en vue d'un dshonneur1

    Toi aussi, ayant sem le trouble tu diriges cette querelle d'hommes
    entre parents de sang commun2:
    Victorieux est le visible dsir passionn dans les yeux de la jeune
    fille dont le lit
    est dsirable, il sige parmi les premires des lois divines 3
    Car elle se joue sans combat, la divine Aphrodite.

    Coryphe
    νυ̂ν δ' ἤδη 'γὼ καὐτὸς θεσμω̂ν
    ἔξω φέρομαι τάδ' ὁρω̂ν ἴσχειν δ'
    οὐκέτι πηγὰς δύναμαι δάκρυ
    τὸν παγκοίτην ὅθ' ὁρω̂ θάλαμον+
    τήνδ' ̓Αντιγόνην ἀνύτουσαν.

    Mais maintenant, moi-mme, moi aussi je suis port
    hors des lois en voyant cela et je ne puis plus
    retenir les flots d'un pleur lorsque
    je vois mon Antigone descendre vers la chambre
    o tout tre doit s'endormir.4

    1la traduction diffre ici nettement de celle dePignarre. Deux interprtations sont possibles : soit il y a une allusion aux adultres ou aux unions non-lgitimes, soit, il s'agit encore d'une remarque pour Hmon, amoureux d'Antigone contre ce que rclamerait une attitude juste envers la cit : en effet, l'amour est ncssairement dirig vers un individu unique.
    2 Il n'est pas ais trouver un sens satisfaisant ἔχεις : comme prcdemment le propos est ambig ; Est-ce que le choeur"reproche" Aphrodite en suscitant l'amour chez Hmon d'avoir engendr une querelle entre Cron et son fils ? Cette interprtation demeure possible.
    3 ou "crites".
    θεσμος c'est la loi naturelle ou divine par opposition la loi crite, puis loi crite par extension :
    en dpit de ce que conseille le Bailly, est-il bien sr que cela soit la loi crite ici ? Soit le Choeur rappelle qu'il y a des lois originelles qui nous viennent des dieux, et que l'amour en est une, soit il rappelle que l'amour a sa place auprs des lois crites, ce qui est une invitation concilier droit priv, et droit public, ordre particulier et ordre civique.
    4 Le discours du coryphe tend corroborer la premire hypothse. Aprs avoir dplor le pouvoir de l'amour, peut-tre, pris de piti, est-il son tour porter aller contre la loi, en voyant le sort d'Antigone. L'invitation concilier les deux ordres pourrait tre annonciateur de ce revirement.

    Etude du στασιμόν V.

    Strophe 1

    πολυώνυμε, Καδμείας νύμφας ἄγαλμα
    καὶ Διὸς βαρυβρεμέτα
    γένος, κλυτὰν ὃς ἀμφέπεις
    ̓Ιταλίαν, μέδεις δὲ
    παγκοίνοις, ̓Ελευσινίας
    Δῃου̂ς ἐν κόλποις, Βακχευ̂ Βακχα̂ν+
    ὁ ματρόπολιν+ Θήβαν+
    ναιετω̂ν παρ' ὑγρω̂ν
    ̓Ισμηνου̂ ῥείθρων ἀγρίου τ' ἐπὶ σπορα1̂ͅ δράκοντος

    toi aux noms nombreux, honneur de la fille de Cadmos,
    et race de Zeus au pesant tonnerre,
    toi qui frquentes la glorieuse Italie,
    toi qui rgne sur les valles profondes communes tous
    de l'Eleusis de Dmter, Bacchus toi qui demeures
    dans Thbes cit-mre des bacchantes,
    contre les courants onduleux de l'Ismne,
    au milieu de la postrit du dragon.

    1 Observons comment les mots grecs passent en franais : σπορᾳ̂ a donn spore en franais, c'est dire la fine poussire qui permet aux fleurs d'assurer leur descendance. Ici, le mot dsigne la posrit du dragon. Commentaire mythologique :
    Sml = fille de Cadmos et d'Harmonie = mre de Dionysos.
    Cadmos = fondateur de Thbes et anctre d'Antigone. Et de Cron aussi
    ! (hh, peste soit de la belle famille, c'est le frre de Jocaste, or Jocaste est l'arrire petite fille de la soeur de Sml, Agav...).
    Le dragon est la crature que Cadmos dut combattre pour pouvoir fonder Thbes.
    C'est ses dents sems dans la terre sur les conseils d'Athna qui donnrent naissance la population de Thbes.
    Il se produisit d'emble une guerre civile, car les guerriers en question s'entreturent jusqu' ce qu'il ne demeure plus que quelques survivants appels par la suite Spartes (homme sems).

    Antistrophe 1
    σὲ δ' ὑπὲρ διλόφου πέτρας στέροψ ὄπωπε
    λιγνύς, ἔνθα Κωρύκιαι
    στείχουσι νύμφαι Βακχίδες,
    Κασταλίας τε να̂μα.
    καί σε Νυσαίων ὀρέων
    κισσήρεις ὄχθαι χλωρά τ' ἀκτὰ
    πολυστάφυλος πέμπει,
    ἀμβρότων ἐπέων
    εὐαζόντων Θηβαί̈ας ἐπισκοπου̂ντ' ἀγυιάς

    Une flamme mle de fume brillante comme un clair t'a aperu par
    dessus la roche double crte, l o en bacchantes
    s'avancent en ligne les jeunes filles de Corcyre,
    Elle t'a vu la source de Castalie.
    Les hauteurs couvertes de lierre des monts de Nysa
    et un verdoyant sommet lourd de vignes t'envoient,
    toi qui observes les voies thbaines au son
    de divines paroles qui crient voh.

    Commentaires : on n'identifie toujours pas exactement la Nysa dont il est question en raison de la multiplicit de lieux appels Nysa...
    Petite remarque :
    Penthe petit fils de Cadmos et cousin germain, ex-roi de Thbes eut de gros soucis avec son cousin en se refusant le reconnatre.
    A vrai dire dans les lgendes il l'accusait de ne pas respecter les lois de la cit et d'amener la corruption dans les murs de Thbes. Voil qui n'est pas trs loign du discours de Cron, non ? D'Antigone Dionysos, et surtout de Sophocle Euripide, la loi crite se trouve au centre de contestations Thbes.
    La source de Castalie pour mmoire se trouve Delphes, haut lieu de culte d'Apollon, mais ce que l'on ignore facilement, de Dionysos aussi.
    Les deux sources de l'art tragique...
    On l'a vu prcdemment, le fait est que Dionysos est intimement li l'histoire de Thbes, ne serait-ce parce qu'il est un descendant de son fondateur.

    Strophe 2
    τὰν ἐκ πα̂σαι τιμᾳ̂ς ὑπερτάταν πόλεων
    ματρὶ σὺν κεραυνίᾳ:
    καὶ νυ̂ν, ὡς βιαίας ἔχεται
    πάνδαμος πόλις ἐπὶ νόσου,
    μολει̂ν καθαρσίῳ ποδὶ Παρνασίαν ὑπὲρ κλιτὺν
    ἢ στονόεντα πορθμόν.

    Tu la tiens en honneur comme la plus haute des cits
    en compagnie de ta mre frappe de la foudre :
    Et maintenant comme la cit dans sa totalit est tenue
    sous le coup d'une maladie terrible,
    franchis le Parnasse escarp ou la mer
    grondante pour un pas purificateur.

    Commentaires :

    μολει̂ν : bel infinitif impratif ! Intressant en termes grammaticaux : on trouve encore des infinitifs injonctifs dans la langue franaise:
    ex : ne pas se pencher par la fentre (criteau dans les trains).
    Bon : eh bien ici, c'est "passer par dessus le Parnasse et franchir la mer" l'criteau, en quelque sorte. Sauf que cette formulation qui n'a plus rien de littraire dans notre langue l'est tout fait en grec ancien.
    A noter qu'en grec moderne, il n'y a plus d'infinitif :Il serait intressant de connatre la trounure utilise par les Grecs lorsqu'ils traduisent ce passage en grec moderne.

    Antistrophe 2

    ἰὼ πυ̂ρ πνειόντων χοράγ' ἄστρων, νυχίων
    φθεγμάτων ἐπίσκοπε,
    παι̂ Διὸς γένεθλον, προφάνηθ'
    ὠ̂ναξ, σαι̂ς ἅμα περιπόλοις
    Θυίαισιν, αἵ σε μαινόμεναι πάννυχοι χορεύουσι
    τὸν ταμίαν ̓́Ιακχον.

    Io ! coryphe des astres qui soufflent du feu,
    gardien des voix nocturnes,
    enfant, race de Zeus, montre-toi,
    roi, aux thyades, tes compagnes, avec elles,
    elles qui en dlire chantent toute la nuit
    leur matre Iacchos












    • #3
      (ANTIGONE ( rsum


      L'exposition
      Au dbut, le Prologue s'avance vers le public et lui prsente tous les personnages. Ils sont tous en scne. Le Prologue les montre, et nous parle de leur caractre et leur rle.
      Antigone et sa nourrice
      La nourrice surprend Antigone, qui rentre de l'extrieur sur la pointe des pieds, ses souliers la main. Elle a t, dit-elle, se promener dans la campagne.
      Antigone et Hmon Une scne pleine d'motion.
      La jeune fille veut d'abord s'assurer de l'amour d'Hmon. Elle aurait t heureuse d'tre sa femme, et tait prte se donner lui la veille au soir parce que... Mais avant de lui dire pourquoi, elle lui fait jurer de ne pas la questionner. Il le fait, et frapp de stupeur, il entend : parce que jamais, jamais, je ne pourrai t'pouser .
      À Ismne, revenue, qui essaye de la raisonner, Antigone apprend la vrit : elle est alle enterrer son frre pendant la nuit.

      Arrestation d'Antigone
      C'est le moment de la crise . Le ressort est band. Le Chur en profite pour entrer, et, s'adressant au public, explique sa conception de la tragdie. C'est le moment o la jeune fille entre en scne, pousse par les gardes. Antigone tait revenue sur les lieux en plein jour.
      Antigone et Cron
      Scne capitale entre Cron et Antigone, scne o se on touche le sens de la pice. On peut distinguer plusieurs tapes. Cron est assez calme au dbut. Il espre touffer l'affaire en faisant disparatre les trois gardes. Antigone lui annonce qu'elle recommencera. Cron change de stratgie et use d'autres arguments mais en vain. Pouss bout, Cron appelle ses gardes. Malgr les reproches du Chur, les supplications d'Hmon, Cron avoue qu'il n'a rien pu faire pour sauver Antigone et qu'elle voulait mourir. Hmon sort comme un fou.
      Antigone et le garde
      Antigone reste seule avec le garde. Cette scne nous montre l'isolement d'Antigone l'heure de sa mort. Le garde parle de ses petits problmes lui, et apprend Antigone qu'elle va tre enterre vivante









      • #4










        • #5











          • #6


            • #7









              • #8
                Antigone , tragdie de Jean Anouilh (1944)
                Jean Anouilh a crit cette pice en 1942. Celle-ci fut cre le 4 fvrier 1944 au thtre de l'Atelier Paris, dans une mise en scne d'Andr Barsacq. Elle a t publie en 1946, aux ditions de la table Ronde et figure dans les Nouvelles pices noires parues la mme anne.
                De l'Antigone de Sophocle (441 avant Jsus-Christ) celle de Jean Anouilh
                Antigone appartient aux lgendes attaches la ville de Thbes. Elle est l'une des enfants ns de l'union incestueuse du roi de Thbes dipe et de sa propre mre, Jocaste . Antigone est la sur d'Ismne, d'Etocle et de Polynice. Elle fait preuve d'un dvouement et d'une grandeur d'me sans pareils dans la mythologie.
                Quand son pre est chass de Thbes par ses frres et quand, les yeux crevs, il doit mendier sa nourriture sur les routes, Antigone lui sert de guide. Elle veille sur lui jusqu' la fin de son existence et l'assiste dans ses derniers moments.
                Puis Antigone revient Thbes. Elle y connat une nouvelle et cruelle preuve. Ses frres Etocle et Polynice se dis****nt le pouvoir. Ce dernier fait appel une arme trangre pour assiger la ville et combattre son frre Etocle. Aprs la mort des deux frres, Cron, leur oncle prend le pouvoir . Il ordonne des funrailles solennelles pour Etocle et interdit qu'il soit donn une spulture Polynice, coupable ses yeux d'avoir port les armes contre sa patrie avec le concours d'trangers. Ainsi l'me de Polynice ne connatra jamais de repos. Pourtant Antigone, qui considre comme sacr le devoir d'ensevelir les morts, se rend une nuit auprs du corps de son frre et verse sur lui, selon le rite, quelques poignes de terre. Cron apprend d'un garde qu'Antigone a recouvert de poussire le corps de Polynice. On amne Antigone devant lui et il la condamne mort. Elle est enterre vive dans le tombeau des Labdacides . Plutt que de mourir de faim, elle prfre se pendre.
                Hmon, fils de Cron et fianc d'Antigone se suicide de dsespoir . Eurydice , l'pouse de Cron ne peut supporter la mort de ce fils qu'elle adorait et met fin elle aussi ses jours.
                La pice de Sophocle (441 avant Jsus-Christ) commence lorsqu'Antigone dcide de braver l'interdiction de son oncle Cron et d'ensevelir le corps de son frre Polynice.
                C'est de ce texte de Sophocle que va s'inspirer Anouilh pour crire Antigone en 1942 : " l'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cur depuis toujours, a t un choc soudain pour moi pendant la guerre , le jour des petites affiches rouges. Je l'ai rcrite ma faon , avec la rsonance de la tragdie que nous tions alors en train de vivre".
                Cette pice , cre en 1944, connat un immense succs public mais engendre une polmique. Certains reprochent Anouilh de dfendre l'ordre tabli en faisant la part belle Cron . Ses dfenseurs , au contraire , voient dans Antigone la "premire rsistante de l'histoire" et dans la pice un plaidoyer pour l'esprit de rvolte.


                Rsum d'Antigone de Jean Anouilh
                Tragdie en prose , en un acte.
                Le personnage baptis le Prologue prsente les diffrents protagonistes et rsume la lgende de Thbes ( Anouilh reprend cette tradition grecque qui consiste confier un personnage particulier un monologue permettant aux spectateurs de se rafrachir la mmoire. Le Prologue replace la pice dans son contexte mythique). Toute la troupe des comdiens est en scne. Si certains personnages semblent ignorer le drame qui se noue, d'autres songent dj au dsastre annonc.
                Antigone rentre chez elle , l'aube, aprs une escapade nocturne. Elle est surprise par sa nourrice qui lui adresse des reproches. L'hrone doit affronter les questions de sa nounou. Le dialogue donne lieu un quiproquo . La nourrice prodigue des conseils domestiques ( " il va falloir te laver les pieds avant de te remettre au lit") tandis qu'Antigone voque son escapade avec beaucoup de mystre ( " oui j'avais un rendez-vous") . Mais elle n'en dira pas plus.
                La nourrice sort et Ismne, la sur d'Antigone, dissuade cette dernire d'enfreindre l'ordre de Cron et d'ensevelir le corps de Polynice. Ismne exhorte sa sur la prudence ("Il est plus fort que nous, Antigone, il est le roi") . Antigone refuse ces conseils de sagesse . Elle n'entend pas devenir raisonnable.
                Antigone se retrouve nouveau seule avec sa nourrice. Elle cherche surmonter ses doutes et demande sa nourrice de la rassurer. Elle tient aussi des propos ambigus pour ceux ( et c'est le cas de la nourrice) qui ne connaissent pas son dessein . Elle semble dcide mourir et voque sa disparition mots couverts " Si, moi , pour une raison ou pour une autre, je ne pouvais plus lui parler...".
                Antigone souhaite galement s'expliquer avec son fianc Hmon. Elle lui demande de le pardonner pour leur dis**** de la veille. Les deux amoureux rvent alors d'un bonheur improbable. Sre d'tre aime , Antigone est rassure. Elle demande cependant Hmon de garder le silence et lui annonce qu'elle ne pourra jamais l'pouser. L encore , la scne prte au quiproquo : le spectateur comprend qu'Antigone pense sa mort prochaine, tandis qu'Hmon , qui lui n'a pas perc le dessein d'Antigone, est attrist de ce qu'il prend pour un refus.
                Ismne revient en scne et conjure sa sur de renoncer son projet. Elle affirme mme que Polynice, le "frre banni", n'aimait pas cette sur qui aujourd'hui est prte se sacrifier pour lui.
                Antigone avoue alors avec un sentiment de triomphe, qu'il est trop tard, car elle a dj , dans la nuit, brav l'ordre de Cron et accompli son geste " C'est trop tard. Ce matin , quand tu m'as rencontre , j'en venais."
                Jonas, un des gardes chargs de surveiller le corps de Polynice, vient rvler Cron, qu'on a transgress ses ordres et recouvert le corps de terre. Le roi veut croire un complot dirig contre lui et fait prendre des mesures pour renforcer la surveillance du corps de Polynice. Il semble galement vouloir garder le secret sur cet incident : " Va vite. Si personne ne sait, tu vivras."
                Le chur s'adresse directement au public et vient clore la premire partie de la pice. Il commente les vnements en exposant sa conception de la tragdie qu'il oppose au genre littraire du drame. Le chur affiche galement une certaine ironie et dvoile les recettes de l'auteur : "c'est cela qui est commode dans la tragdie. On donne un petit coup de pouce pour que cela dmarre... C'est tout. Aprs on n'a plus qu' laisser faire. On est tranquille. Cela roule tout seul."
                Antigone est trane sur scne par les gardes qui l'ont trouve prs du cadavre de son frre. Ils ne veulent pas croire qu'elle est la nice du roi , et la traitent avec brutalit. Ils se rjouissent de cette capture et des rcompenses et distinctions qu'elle leur vaudra.
                Cron les rejoint. Les gardes font leur rapport . Le roi ne veut pas les croire. Il interroge sa nice qui avoue aussitt. Il fait alors mettre les gardes au secret, avant que le scandale ne s'bruite.
                Cron et Antigone restent seuls sur scne. C'est la grande confrontation entre le roi et Antigone. Le roi souhaite touffer le scandale et ramener la jeune fille la raison. Dans un premier temps , Antigone affronte Cron qui tente de la dominer de son autorit.
                Les deux protagonistes dvoilent leur personnalit et leurs motivations inconciliables. Cron justifie les obligations lies son rle d'homme d'tat . Antigone semble sourde ses arguments : (Cron : Est ce que tu le comprends cela ? Antigone : " Je ne veux pas le comprendre.") . A court d'arguments Cron rvle les vritables visages de Polynice et d'Etocle et les raisons de leur ignoble conflit. Cet clairage rvolte Antigone qui semble prte renoncer et se soumettre. Mais c'est en lui promettant un bonheur ordinaire avec Hmon, que Cron ravive son amour-propre et provoque chez elle un ultime sursaut. Elle rejette ce futur inodore et se rebelle nouveau. Elle choisit une nouvelle fois la rvolte et la mort.
                Ismne , la sur d'Antigone entre en scne alors que cette dernire s'apprtait sortir et commettre un esclandre , ce qui aurait oblig le roi l'emprisonner. Ismne se range aux cts d'Antigone et est prte mettre elle aussi sa vie en jeu. Mais Antigone refuse , prtextant qu'il est trop facile de jouer les hrones maintenant que les ds ont t jets. Cron appelle la garde , Antigone clt la scne en appelant la mort de ses cris et en avouant son soulagement ( Enfin Cron !)
                Le chur entre en scne. Les personnages semblent avoir perdu la raison, ils se bousculent. Le chur essaye d'intercder en faveur d'Antigone et tente de convaincre Cron d'empcher la condamnation mort d'Antigone. Mais le roi refuse , prtextant qu'Antigone a choisi elle-mme son destin, et qu'il ne peut la forcer vivre malgr elle.
                Hmon vient lui aussi, ivre de douleur, supplier son pre d'pargner Antigone, puis il s'enfuit. Antigone reste seule avec un garde. Elle rencontre l le "dernier visage d'homme". Il se rvle bien mesquin, et ne sait parler que de grade et de promotion. Il est incapable d'offrir le moindre rconfort Antigone. Cette scne contraste, par son calme, avec le violent tumulte des scnes prcdentes. Apprenant qu'elle va tre enterre vivante, prouvant de profonds doutes ( " Et Cron avait raison, c'est terrible maintenant, ct de cet homme, je ne sais plus pourquoi je meurs." , Antigone souhaite dicter au garde une lettre pour Hmon dans laquelle elle exprime ses dernires penses. Puis elle se reprend et corrige ce dernier message ( "Il vaut mieux que jamais personne ne sache"). C'est la dernire apparition d'Antigone.
                Le messager entre en scne et annonce Cron et au public la mort d'Antigone et la mort de son fils Hmon. Tous les efforts de Cron pour le sauver ont t vains. C'est alors le chur qui annonce le suicide d'Eurydice, la femme de Cron : elle n'a pas support la mort de ce fils qu'elle aimait tant. Cron garde un calme tonnant . Il indique son dsir de poursuivre " la salle besogne " sans faillir. Il sort en compagnie de son page.
                Tous les personnages sont sortis. Le chur entre en scne et s'adresse au public : Il constate avec une certaine ironie la mort de nombreux personnages de cette tragdie : "Morts pareils, tous, bien raides, bien inutiles, bien pourris." La mort a triomph de presque tous . Il ne reste plus que Cron dans son palais vide . Les gardes , eux continuent de jouer aux cartes , comme ils l'avaient fait lors du Prologue. Ils semblent les seuls pargns par la tragdie. Ultime drision









                • #9









                  • #10



                    Antigone
                    1-

                    3
                    * l'exposition
                    * le noeud
                    * le dnouement

                    Situez le texte
                    .
                    2- Le prologue
                    . ʡ - .
                    Antigone: (maigre) (noiraude) (renferme)
                    Ismne: Antigone ɡ ɡ
                    Hmon: Antigone ɡ Ismne ɡ ա Ismne Antigone ɡ ̡ ... .
                    Cron: ߡ Antigone Oedipe polinyce Etocle.
                    Eurydice: Cron ɡ elle tricote
                    Les gardes: ӡ
                    Le messager:
                    3-

                    .
                    .
                    ȡ . ( )... .
                    ޡ ѡ ǡ .
                    Thbes ( Sphinxe) . ɡ .
                    Thbes : polinyce Etocle Ismne Antigone.
                    . ȡ Antigone.
                    ȡ . ʡ Etocle polinyce .
                    ɡ . .
                    Etocle . polinyce .
                    . ǿ
                    ɡ .
                    : polinyce .
                    24
                    Antigone .
                    . .
                    ismne . Antigone ݡ .
                    Antigone . .
                    Antigone hmon. .
                    . ѡ .
                    Antigone . ӡ .
                    Antigone Cron. ѡ ǡ . .
                    ɡ cron . . Antigone .
                    cron . Antigone .: bonheur.
                    Antigone .
                    ߡ .
                    Antigone ɡ Antigone . Hmon. Antigone .
                    Hmon .
                    Cron .








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